Simon Leys: matérialisme et vide psychique

« Mais au premier contact, ce qui le frappe le plus, c’est un vertigineux sentiment de vide. Après moins d’une semaine en Australie, il [D. H. Lawrence] écrit à sa belle-sœur : « Vous ne pourriez jamais imaginer quoi que ce fût qui pût égaler le néant de la vie ici – quoi de plus nichts, nullius, niente, rien. Les Australiens semblent perpétuellement absorbés par des activités parfaitement dénuées de sens. Voilà ce que la vie fait de vous dans un pays neuf. Elle vous rend tellement matériel, tellement tourné vers l’extérieur que votre vie intérieure et votre moi intérieur périssent et vous-même, vous vous mettez à cliqueter de concert avec le reste du troupeau de ces animaux mécaniques […]. »

Simon Leys, L’ange et le cachalot, Seuil, Paris, 1998, p. 109.

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