Mosby : jouir d’être repoussant

Bien qu’elle se fut vite reprise et eût esquissé un sourire vacillant, elle avait eu un mouvement de recul. C’était toujours comme ça, il ne manquait jamais de leur causer un malaise avec son bon profil auquel ne correspondait pas l’autre sans qu’on sache vraiment pourquoi. On eut dit deux personnes dans un seul visage. Peu de choses l’excitaient autant que de provoquer ce mouvement de recul instinctif, de les voir se raidir comme prêtes à fuir. C’était d’ailleurs peut-être bien ce qu’elles auraient fait, si n’était venu à son aide ses manières policées, son élégant costume et l’espoir derrière tout ça te revoir leur Dave Mosby.

« Je suis si contente de faire votre connaissance, Ed, roucoula Vicky. (Elle en rajoutait pour se faire pardonner de sa réaction initiale. Se levant, elle accepta courageusement la main tendue.) C’est si gentil de vous être dérangé pour moi. »

Robert Colby, Une voix dans la nuit, in Histoires à faire pâlir la nuit, France-Loisirs 1989, p.110.

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