Neruda: président pervers

« …le président de la république, sous la protection des États-Unis, se transforma en petit vampire abject et vindicatif. Il est permis de croire que le remords lui ôta le sommeil, malgré l’installation, aux abords de la présidence, de garçonnière et de bordels privés, avec des tapis et des miroirs pour les délices du maître. Le misérable avait une mentalité insignifiante mais perverse. Le soir même où il entreprit sa grande répression anticommuniste il invita à dîner deux ou trois dirigeants syndicaux. Le repas fini, il descendit avec eux les escaliers du palais et, essuyant quelques larmes, il leur dit dans une accolade : « Je pleure parce que j’ai demandé qu’on vous arrête en sortant d’ici. Je ne sais pas si nous nous reverrons ». »

Pablo Neruda, J’avoue que j’ai vécu.

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